ll y a des mois qui se comptent en jours, et des mois qui se comptent en saisons. Sur le coteau d’André, on compte en saisons.
Depuis fin août, on a suivi André et Caramelo pas à pas : la terre retournée, les gousses triées une à une lors de l’égrenage, plantées à la main par un froid décembre, puis défendues contre les mauvaises herbes tout un printemps — pendant qu’un certain chien apprenait, avec plus ou moins de succès, l’art délicat de « ne pas tout arracher ».
Et voilà juin. Les feuilles jaunissent, la terre se craquelle sous la chaleur, et sur ce coteau qui domine la plaine de Castres, quelque chose achève de mûrir en silence.
C’est le moment que tout paysan attend sans jamais le presser : la récolte. Celui où la terre, enfin, rend ce qu’on lui a confié neuf mois plus tôt. André le sait bien — on ne tire pas une gousse d’ail, on l’invite à sortir.
Et puis il y a l’art des manouilles, ce geste transmis de père en fils depuis trois générations, que ni les livres ni les tutoriels ne sauraient vraiment enseigner. Un geste patient, presque une tendresse, qui suspend l’été tout entier entre les poutres de la grange.
Suivez André et Caramelo — l’un qui tresse, l’autre qui, fidèle à lui-même, trouve toujours un coin d’ombre sous le vieux tilleul pour superviser le travail… de loin.



